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08.09.2007

Après Justine et Olivier, qui fera rêver la Belgique ?

c629338b893cfbf0d37c525202a6de53.jpgSi, pour l’instant, le tennis belge vit des très beaux jours grâce aux frères Rochus, à Steve Darcis, Kristof Vliegen et bien sûr Justine Henin. L’avenir pourrait être plus sombre. Nos champions ne sont pas éternels et devront, un jour, raccrocher leur raquette. Qui va leur succéder ?

Depuis le début des années 2000, Kim Clijsters et Justine Henin font rêver les Belges. Elles se sont affrontées en finale de Grand Chelem, se sont succédées sur le trône de numéro un mondiale, ont remporté les plus grands tournois…Bref, elles ont dominé le circuit féminin.

Les garçons sont peut-être un peu moins brillants mais ne déméritent pas. Olivier Rochus, Kristof Vliegen et Xavier Malisse sont régulièrement dans le Top 50 mondial, Xavier et Olivier ont remporté le double à Roland Garros. Les récents résultats de Steve Darcis sont aussi une preuve de la bonne santé du tennis belge.

Mais le sport de haut niveau est dangereux pour la santé. Les cadences d’entraînement et l’enchaînement des tournois usent. Kim Clijsters en a fait les frais. Elle a souvent déclaré que son corps n’avait plus 23 ans. La joueuse flamande a d’ailleurs raccroché la raquette cette année à même pas 24 ans. Justine aussi n’y échappe pas, pour preuve ses nombreuses blessures.

Quel avenir ?

Les responsables des deux fédérations belges refusent de parler d’une absence de relève. « Déjà Justine est toujours là. Ensuite, nous on est là, nous avons une structure qui fonctionne et qui a fait ses preuves. S’il y a un jeune doué, on sera là pour l’encadrer. Et puis nos jeunes ne débrouillent pas trop mal alors qu’ils ont le handicap d’aller encore à l’école » répond Jacques Leriche, directeur technique de l’AFT.

« Kirsten Flipkens a été dans le Top 100 et elle a le potentiel d’y revenir mais elle a été beaucoup blessée. Cela ne l’a pas aidé. Steve Darcis est aux portes du Top 100 aussi. Et il faut laisser le temps à des joueuses comme Tamaryn Hendler et Yamina Wickmayer d’arriver » renchérit Bertrand Dewamme, directeur technique de la VTV.

Tous sont aussi d’accord pour dire que la génération de Justine, Kim, Olivier, Kristof et Xavier est exceptionnelle. « Kim et Justine sont une exception » déclare Bernard Dewamme.

Néanmoins, si on regarde le classement WTA, le constat n’est pas très rose. Certes la numéro un mondial, en l’occurrence Justine Henin, est belge, mais il faut descendre jusqu’à la 155ième place pour trouver une autre belge, Caroline Maes et au-delà de la 200ième place pour la 3ième, Kristen Flipkens.

C’est la première fois depuis bien longtemps, que la Belgique ne compte qu’une seule représentante dans le top 100. Avant la génération dorée de Henin-Clijsters, la Belgique pouvait compter dans ses rangs : Dominique Monami, qui a atteint la 9ième place mondiale, Sabine Appelmans qui a été la première belge a entré dans le top 20, Els Callens qui fit partie des 50 meilleures joueuses et fut une très bonne joueuse de double pour preuve sa douzième place au classement mondial et sa médaille de bronze au Jeux Olympique de Sidney avec Dominique Monami….

Mise en perspective

Arriver au plus haut niveau, n’est pas chose aisée. Il y a beaucoup d’aspirants et plus d’élus. Le talent, la volonté ne font parfois pas tout. Les spécialistes estiment que seulement 6% des individus sont fait pour affronter la compétition, les autres même s’ils sont très doués sur le plan sportif ne pourront pas faire face à ce que la compétition va leur procurer.

Voilà de quoi savourer d’avantage les exploits de nos p’tits Belges.

 

Perrine Dagonnier 

07.09.2007

800$ pour une heure avec Bolletieri

a5ea029a43c7a048701abc76359c4dfe.jpgNick Bolletieri est aussi célèbre que son camp d’entraînement de Bradenton en Floride. Le sorcier de Bardenton a coaché des joueurs qui ont marqué l’histoire tel que Mary Pierce, Maria Sharapova, Anna Kournikova, André Agassi… Son école fourmille sans cesse de jeunes qui aspirent au sommet du tennis mondial.

Des milliers de joueurs, du débutant à Maria Sharapova, numéro 2 mondial, foulent constamment la quarantaine de terrain qui composent le centre. Bolletieri a une méthode bien particulière pour faire tourner son usine à champion. Il mise tout sur le mental et sur la condition physique. L’objectif des joueurs : taper le plus fort et le plus longtemps possible dans la balle. En Europe, les entraîneurs insistent surtout sur la technique et la stratégie.

Bolletieri recrute des joueurs de tous âges et de toutes origines mais qui ont tous du talent et du potentiel. Ces derniers sont encadrés gratuitement. Ils doivent néanmoins donner un pourcentage de leurs gains à l’académie. A côté de grands talents, des joueurs moins bons viennent s’entraîner à l’école Bolletieri. Ils n’ont aucune chance d’arriver au haut niveau mais ils payent le prix fort. C’est près de 800$ pour une heure avec Nick Bolletieri.

Tamaryn Hendler a 14 ans. Elle est considérée comme l’espoir numéro un du tennis belge. Elle s’entraîne la moitié du temps aux Etats-Unis, dans la célèbre académie de Nick Bolletieri et au centre AFT de Mons. Deux mondes différents mais complémentaires. Tamaryn fait partie des chanceuses, elle a reçu une bourse et le droit de s’entraîner avec Nick lui-même. Un gage de réussite ?

 

Perrine Dagonnier 

06.09.2007

L'école française

8118cbd6aed52efeb2a8b21f500649bc.jpgPour mieux cerner la concurrence à laquelle les joueurs belges font face, nous avons décortiqué le système de nos voisins français. Un système finalement fort semblable au nôtre. Et qui porte ses fruits.

La France est l’une des nations les plus performantes dans le monde du tennis. Les 9 victoires de l’équipe de France en Coupe Davis, dont 3 ses 15 dernières années, et les deux titres de l’équipe féminine en Fed Cup, les 11 Françaises et 13 Français présents dans les 100 meilleurs mondiaux sont des signes de la bonne santé du tennis français.

La France, tout comme la Belgique, mise beaucoup sur la détection et la formation des jeunes talents. La Direction Technique Nationale (DTN), branche de la fédération française de tennis (FFT) chargé du haut niveau, a mis sur pied un système complet pour parvenir à former des futurs champions.

Concernant les plus jeunes joueurs, âgés entre 7 et 10 ans, la formation se passe dans les clubs. Les meilleurs éléments se voient proposer un programme spécial d’entraînement et de tournois.

Chaque ligue départementale possède son « Groupe Avenir Régional », composé des meilleures filles et garçons de 10 à 13 ans. Le but est de mener certains d’entre eux aux Jeux Olympiques et à Roland Garros en 2016.

A plus court terme, certains intégreront les « Pôles France ». Ces centres regroupent l'élite du tennis français chez les jeunes. Les conditions d'entraînement et d’encadrement correspondent aux exigences du haut niveau : préparation physique, suivi médical et psychologique.

Une formation scolaire est aussi dispensée même si elle n’est pas aussi contraignante qu’en Belgique. Kristina Mladenovic, championne de France et d’Europe en moins de 14 ans, est l’un des grands espoirs du tennis français. A ce titre, elle fait partie du Pôle France de Roland Garros. Kristina suit des cours par correspondance ce qui lui permet de jouer 4 heures par jour et de bénéficier d’1 heure de préparation physique quotidienne.

Une fois le bac en poche, la fédération française, tout comme l’AFT et la VTV, proposent d’aider les joueurs et joueuses à faire leurs premiers pas sur le circuit professionnel. Un système qui marche bien au vu des bons résultats de Gael Monfils, Paul-Henri Mathieu et bien sûr Amélie Mauresmo.

 

Perrine Dagonnier

05.09.2007

Itinéraire d'un champion belge

33e828ad90629b3a378646402d99989e.jpgComment Justine, Kim, Oliver, Kristof et Xavier sont-ils devenus les champions qu’ils sont aujourd’hui ? Ont-ils eu de la terre battue dans leur biberon ? Une raquette de tennis leur faisait-elle office de hochet ? Presque…

En Belgique, les enfants peuvent commencer le tennis à partir de 3 ans. Ils ne prennent pas toute suite la direction des courts avec une raquette en main mais suivent un programme de psychomotricité, une manière ludique et adaptée d’apprendre les premières base de tennis.

A 6 ans, les petits joueurs passent au mini-tennis. Une conception du tennis mise au point en Belgique et qui s’est depuis développée dans le monde entier. Le matériel est adapté à l’enfant : les balles sont plus légères, les raquettes et les dimensions du terrain plus petites. L’aspect amusant est toujours mis en avant même si les enfants peuvent faire leurs premiers pas en compétition.

Vers 10 ans les apprentis champions passent sur grands terrains comme leurs idoles.

Cet apprentissage peut être suivi dans les clubs du royaume. La fédération, dans son projet de développement de haut niveau, organise des entraînements et l’encadrement des jeunes joueurs les plus prometteurs afin de développer leurs dons pour le tennis.

Aussi bien chez les Flamands que les francophones, les sélectionneurs parcourent les clubs, les tournois, les écoles de Belgique à la recherche de futurs talents. Dès 7 ans, les plus doués entrent dans le giron fédéral : tournois, entraînement tennis et physique,… rien n’est laissé au hasard. Le but est de former des joueurs capables d’atteindre le plus haut niveau.

Grâce à ses sélections, les deux fédérations peuvent puiser dans un vivier assez large de joueurs. Au final, à partir de 12 ans, les meilleurs éléments entrent au centre ligue qui leur permet de jouer au tennis à haut niveau et de continuer leur scolarité. Cette structure de formation pyramidale permet aux entraîneurs de bien connaître les joueurs et leur potentiel.

Une fois passés tous les échelons, les apprentis champions sont normalement parés pour intégrer le circuit professionnel. Les deux fédérations belges s’investissent aussi dans ce passage très difficile de la cour des juniors à celle des grands.

 

Perrine Dagonnier

04.09.2007

Témoignage: "Pas assez fort!"

9641ee0ca857f600855e858d6b579748.jpgBertrand Devillers aurait peut-être pu être de la génération dorée des Rochus et autres Henin …mais il a choisi une autre voie.

Bertrand Devillers a maintenant 27 ans. Il est ingénieur et fait actuellement un doctorat à l’Université Catholique de Louvain. Il profite de son temps libre pour jouer au tennis. « Je fais d'ailleurs une très bonne saison cette année, et je vais peut être atteindre mon meilleur classement » sourit Bertrand. « C'est très différent de l’époque où j'étais adolescent. Je joue pour le plaisir et donc je n'ai plus la même pression » continue-t-il.

Quand il était plus jeune, Bertrand était l’un des meilleurs joueurs de sa catégorie. « J’ai été champion de Belgique en moins de 16 ans » raconte-t-il. Il semblait être promis un avenir prometteur en tant que joueur de tennis même s’il n’est jamais entré au centre ligue. « De toute façon, je n’aurai pas accepté. J’y ai été deux-trois fois comme sparring-partner d’Olivier Rochus. Mais je ressentais une trop grosse pression, je n’aurai pas aimé ça, ni être ‘tennis’ 24 heures sur 24 » précise-t-il

Pendant ses humanités, Bertrand n’a pas de privilège. Il suit un horaire complet tout en s’entraînant plusieurs heures par semaine. Une fois son diplôme de secondaire en poche, surgit le dilemme : le tennis pro ou l’unif’ ?

Il choisira une option intermédiaire. « Je suis le plus petit d'une famille où tout le monde a fait des études universitaires. Je n'ai jamais vraiment imaginé ne pas poursuivre des études » explique Bertrand. Mais pas question d’abandonner pour autant le tennis. Aux Etats-Unis, le sport de haut niveau a une grande place dans la vie universitaire Il rejoint l’université d’Oregon où il étudie mais joue aussi beaucoup.

A la fin de l’année universitaire, il estime qu’il n’est pas assez fort pour tenter sa chance sur le circuit professionnel. Pas très satisfait non plus du niveau des études qu’il a entamée, il revient en Belgique et entreprend des études d’ingénieur.

Quelques années plus tard, bien avancé sur le plan professionnel, il continue à taper la balle. On ne se débarrasse pas si facilement d’une passion mais il la vit davantage pour son unique plaisir. « Je n’ai aucun regret. Je referais sans hésiter le même choix. Le fait d'avoir poursuivi mes études universitaires m'a apporté beaucoup au point de vue humain, personnalité…De plus, je pense avoir toujours eu des capacités dans les études, donc cela aurait été con de gâcher cela » conclut Bertrand. Comme quoi, il y a plusieurs manières de vivre son amour pour la petite balle jaune.

 

Perrine Dagonnier

03.09.2007

Témoignage: "La fédération n’est pas le seul chemin vers la gloire"

Benjamin Devos est des meilleurs joueurs de sa catégorie. Il n’est cependant pas repris par l’AFT. C’est avec un entraîneur privé qu’il compte accéder au circuit professionnel. Portrait.

Benjamin, B-15/2 (147ième belge), 16 ans, vient d’être sacré champion francophone de sa catégorie. Alors que les Henin, Nadal, Federer, Sharapova essayeront de conquérir le trophée de l’US Open, il tentera de devenir champion national.

Malgré des résultats prometteurs, Benjamin n’est pas au centre tennis-études de l’AFT et il ne reçoit aucune aide de la part de la fédération. C’est sa famille qui finance sa carrière : entraînements, tournois à l’étranger, matériel,… « Cela coûte très cher. Rien que pour un tournoi à l’étranger, nous déboursons près de 2 000 euros. Heureusement, en privé, nous avons un sponsor» nous explique Jocelyne Devos, la maman de Benjamin.

Le ministre des sports de la Communauté française, Claude Eerdekens lui a attribué le statut d’espoir sportif. Comme les joueurs du centre AFT, il a une grille horaire plus légère et peut s’absenter une quinzaine de jour pour partir en tournoi à l’étranger.

Mais à côté, l’école reste très importante pour ses parents. « Il est premier de sa classe, donc pour l’instant tout va bien. Mais il sait très bien que si ses notes baissent, les heures d’entraînement aussi » confirme sa maman. Benjamin est aussi conscient de la nécessité d’avoir un diplôme. Il envisage déjà les études qu’il pourrait entreprendre si sur le circuit professionnel, cela ne marchait pas. « Après mon diplôme, je tenterais ma chance sur le circuit pendant un ou deux ans. Si jamais cela ne fonctionne pas je m’orienterai vers des études d’ingénieur ou de kiné » assure-t-il.

Pour atteindre son objectif, Benjamin et ses parents se sont offert l’aide d’un entraîneur privé. Il s’entraîne presque au même rythme que les joueurs du tennis-études. « Je joue 2h et j’ai aussi des entraînements physique avec Vincent, mon frère » raconte Benjamin.

Pour son entraîneur, être à la fédération n’est une condition indispensable pour réussir dans le tennis. « Il n’y a pas une bonne et une mauvaise filière. La fédération prend les meilleurs sur base des résultats. Mais cela ne veut pas forcément dire que sur le terrain, celui qui est sélectionné produit un meilleur tennis. Un joueur peut beaucoup gagner en jouant 3 mètres derrière sa ligne sans rien faire de la balle. Tandis qu’un joueur plus offensif mettra plus de temps à percer » explique David Leveaux, l’entraîneur de Benjamin.

Les champions actuels ont tous suivi des chemins différents passant même parfois de l’un à l’autre. Prenons comme exemple Olivier Rochus, un pur produit AFT qui est maintenant encadré par le BATD. Preuve qu’il n’y a pas un unique chemin à suivre pour atteindre le sommet du tennis mondial.

 

Perrine Dagonnier 

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