31.08.2007
La vague des écoles de tennis privées
A côté des fédérations, des structures privées offrent également une formation pour devenir joueur de tennis professionnel. Justine Henin s’est d'ailleurs récemment lancée dans l’aventure en créant avec son entraîneur Carlos Rodriguez, une académie. Le BATD (Belgian Association Tennis Development) a lancé fin des années 80 la vague des écoles de tennis privées. L’association a pour vocation de promouvoir le tennis. Au départ, 3 clubs s’étaient unis dans l’aventure, aujourd’hui, ils sont une trentaine avec notamment une dizaine de clubs dans le nord du pays. Ce qui fait du BATD la seule structure vraiment nationale du tennis belge.
Le but n’est pas ici de construire des champion mais de jouer au tennis quelque soit le niveau. Des cours de tennis comme loisirs pour les débutants à ceux de l’IADT (International Association Tennis Development) pour les joueurs professionnels, en passant par les Team Competition dans les clubs au Young Team pour les plus doués, chacun y trouve son compte.
La Young Team regroupe les 40 meilleurs compétiteurs de tous les clubs appartenant au BATD qui leur propose stages et tournois à l’étranger. Tout cela pendant les vacances. "Il y aussi la possibilité de faire tennis-études mais c’est sur base volontaire, il n’est pas nécessaire d’avoir un certain niveau, juste de la motivation" précise Eric Marquet, le directeur technique du BATD.
En 2004, Olivier Rochus venait frapper à la porte du BATD. Son arrivée a entraîné la mise sur pied du projet IADT. Mission : encadrer les joueurs qui ont le potentiel pour se classer parmi les 100 premiers mondiaux. "L’IADT, c’est un peu la vitrine du BATD. Pour l’instant nous avons Olivier Rochus et Yamina Wickmayer. Les joueurs viennent nous voir et on établit un programme personnel, à la carte. Nous nous occupons de tout ce qui est sportif : coach, tournoi,…" continue Marquet.
Le BATD n’a pas à rougir face à la fédération. De grandes joueuses comme Dominique Monami, en sont sorties. Les petits jeunes rivalisent largement avec les jeunes pousses de l’AFT et de la VTV. "Le niveau du BATD a bien augmenté. Lors des championnats AFT, nos jeunes se sont bien débrouillés. Ils ont remportés 3 titres et certaines finales ont été exclusivement BATD" sourit Eric Marquet.
Justine Henin et son entraîneur, Carlos Rodriguez ont aussi mis sur pied leur structure privée : la Just In Team, une cellule d’encadrement et d’entraînement individuel. Aspect insolite de cette école, elle ne regroupera que des joueurs. La Just In Team est "filles non admises". L’âge minimum est fixé à 18 ans. Des sélections ont eu lieu en août, d’autres auront lieu en septembre. D’ici quelques semaines, une dizaine de joueurs belges ou étrangers feront leur rentrée à l’académie de Justine…dans l’espoir d’égaler son palmarès.
Perrine Dagonnier
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30.08.2007
Témoignage: "Ce n'est pas fait pour moi"
Thomas Berton pourrait aujourd’hui se vanter d’avoir battu Roger Federer. Bien sûr, cette victoire remonte aux catégories jeunes. Aujourd’hui, Thomas a 26 ans et il a suivi une carrière bien différente du champion suisse. Thomas n’est pas très nostalgique quand il regarde jouer Olivier Rochus. « Je me demande un peu ce qui serai passé si j’avais continué mais cela ne dure jamais très longtemps. Ce n’était pas fait pour moi » explique-t-il. Les deux ados étaient ensemble au centre tennis-études de l’AFT de Mons. Ils voyageaient ensemble, partageaient leur chambre d’hôtel, suaient sur les courts…Ils auraient pu avoir le même destin : devenir champion de tennis. Mais Thomas a tout laissé tout tomber : « J’en avais marre, marre du tennis, de la pression, on n’avait pas le droit de faire une pause. Alors j’ai dit : stop » raconte Thomas. Il poursuit : « Quand je suis entré au centre, j’avais envie d’être professionnel, je voulais voir jusqu’où je pouvais aller. Mais je me suis rendu compte que je n’étais pas heureux » Une décision et mûrement réfléchie qu’il ne regrette pas. « J’ai essayé, ce n’était pas pour moi ».
Maintenant, il lui reste les bons souvenirs : « Je me rappelle les voyages et la bonne ambiance. Mais il faut dire que cela fait 10 ans, je prends cela avec plus de philosophie aujourd’hui». Reste aussi l’expérience. « J’ai mûri plus vite, j’ai eu des responsabilités assez jeune, j’ai appris à me dépasser ». Aujourd’hui Thomas est conseiller juridique. Il joue beaucoup moins au tennis, « juste pour m’amuser » précise-t-il. Et il s’est mis au football…
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29.08.2007
De school van de kampioenen
Si avec Kim, les dirigeants de la Vlaamse Tennisvereniging (VTV) ont perdu leur meilleure joueuse, ils gardent néanmoins le moral. La VTV est une des pionniers dans la pratique du sport à haut niveau. C’est en 1981 que le centre tennis-études a ouvert ses portes. Le but : développer le talent de jeunes joueurs dans l’espoir de leur faire atteindre le circuit professionnel. Sabine Appelmans, Laurence Courtois, Kim Clijsters, Xavier Malisse, Kristof Vliegen…sont tous passés par là. Ces noms sont la preuve éclatante de la bonne marche du système.
Le centre de la VTV est basé à Wilrijk près d’Anvers. Il fonctionne de la même façon que celui de l’AFT : le temps est partagé entre tennis et études.
Il y a cependant quelques petites différences. Notamment au niveau de la scolarité. Les élèves fréquentent une topsportschool, une sorte d’école réservée aux jeunes sportifs de haut niveau. "En cours, nous étions 3, donc on pouvait voir le programme habituel en moins de temps" explique Aude Vermoezen, jeune joueuse professionnel et ancienne élève du tennis-études.
Autre différence : le nombre de jours de congés supplémentaires, les joueurs flamands ont un avantage sur les francophones. En tant qu’espoir sportif, ils peuvent s’absenter entre 40 et, pour les plus doués et plus âgés, 140 demi-jours de congé supplémentaires contre 30 chez les francophones.
Comme leurs collègues francophones, certaines heures de leur cursus sont remplacées par des entraînements.
Les exigences sont les mêmes : excellence aussi bien sur les court qu’en classe. "Ils ont l’obligation de faire de leur mieux aussi bien à l’école qu’au tennis. Nous pensons à leur après-carrière. Le sport à très haut niveau est difficilement accessible, nous tenons à ce qu’ils aient un bagage" explique Bernard Dewamme, le directeur technique de la VTV.
Le centre de Wilrijk peut accueillir près de 25 élèves et met à leur disposition plusieurs terrains ainsi qu’une infrastructure compétente composée de préparateur physique, kiné, médecin, diététicien, un psychologue…et bien sûr des coaches qui les suivent en tournoi.
Les joueurs sont un peu plus âgés qu’au centre de Mons puisqu’ils entrent au tennis-études au minimum à 14 ans (contre 12 à Mons). Une fois leur diplôme obtenu, ils peuvent s’ils le désirent et si leur niveau est bon se lancer dans le circuit professionnel avec l’aide de la VTV. C’est le parcours qu’a choisi Aude Vermoezen, 18 ans et pro depuis cette année. "Je joue entre 1h30 et 3h par jour et j’ai aussi des entraînements physique. Le temps se partage entre entraînements et tournois. La VTV m’aide pour mon entraîneur et les compétitions" explique-t-elle. Ils sont 6, à comme Aude, avoir rejoint cette structure. On retrouve notamment Kirsten Filpkens, championne du monde juniore en 2003.
Perrine Dagonnier
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28.08.2007
L'école des champions
Justine Henin, Olivier et Christophe Rochus, Steve Darcis ont en commun de d’être tous passé par le centre tennis-études de l’AFT (Association Francophone de Tennis). Découverte de cette école pas comme les autres. En 1993, à quelques rebonds de Mons, au centre ADEPS de La Sapinette, le centre ligue de l’AFT ouvrait ses portes dans l’objectif de former des joueurs de tennis professionnel. Depuis, les meilleurs espoirs du tennis francophone ont fréquenté cette école un peu spéciale qui leur permet d’allier tennis et études dans des conditions optimales. Justine Henin, les frères Rochus et Steve Darcis en ont été les plus brillants élèves.
Aujourd’hui Laura, Arthur, Estelle…ont succédé à leurs aînés. Ainsi que David Goffin qui à 16 ans est classé B-15.4 (n° 44 belge). Au niveau mondial, il pointe à la 105ième du classement des moins de 18 ans. Il est un des plus jeunes à ce niveau. "Je suis entré au centre à 12 ans. Pour l’instant tout se passe bien. Mon quotidien se partage entre tennis et scolarité. Je vais généralement à l’école jusque 12h40. L’après-midi est consacré au tennis et à la condition physique. Après le repas, vers 20h, c’est l’heure des devoirs" raconte-t-il.
Car oui, les apprentis champions belges doivent encore aller à l’école. Une particularité par rapport à leurs concurrents sur le circuit. Dans beaucoup de pays, notamment aux Etats-Unis et en Russie mais aussi en France, les joueurs arrêtent l’école pour suivre des cours par correspondance. Dès lors, ils ont d’avantage l’occasion de jouer au tennis et de partir en tournoi.
"Parfois des enfants deviennent professionnels déjà l’âge de 10 ans. Ils se retrouvent en tournois à l’étranger 20 à 25 semaine par an et s’entraîne 4 à 5 heures par jour. Ce n’est pas comme ça chez nous. Avec l’école, ils ne peuvent pas jouer toute la journée, ils n’ont pas beaucoup de jours de congés et certains tournois important tombent pendant les examens" commente Jacques Leriche, directeur technique AFT. Une politique qui n’est pas prêt de changer. "Pour nous, le diplôme est important. On ne veut pas qu’un joueur se retrouve 400-450ieme mondial, place où il n’est pas possible de gagner sa vie, sans diplôme. Même dans le Team Pro, qui regroupe des joueurs professionnels, on les encourage à continuer une activité intellectuelle" assure Jacques Leriche.
Mais ce n’est pas tout, les élèves ont aussi une obligation de réussite. Un échec à l’école est synonyme de renvoi du centre. Une sanction qui force les jeunes talents à prendre leur scolarité au sérieux.
Des cours aux courts
Grâce à leur statut d’élite, ils sont dispensés de certains cours ce qui leur permet de s’entraîner. "Je n’ai pas cours de gym ou de latin mais j’ai tous les autres comme math, français, géographie, histoire…" précise David. Ils ont, aussi, droit à 30 demi-jours de congés supplémentaires ce qui leur permet de partir en tournoi à l’étranger.
Après les cours, les écoliers délaissent donc leurs cartables pour leur raquette. Ils jouent entre 10 et 18 heures semaines sans compter les quelques heures d’entraînement physique. "Le volume d’entraînent dépend des tournois, des objectifs, de la forme du moment. Pendant les examens, on diminue aussi les heures de jeu" explique M. Leriche.
Leur évolution tennistique est constamment évaluée et le bilan est tiré en fin de saison. "Chaque année, il y a une nouvelle sélection. Si un joueur ne suit pas la courbe d’évolution qu’on a tracée pour lui, qu’il n’y a plus de résultats, on peut décider de mettre un terme à la collaboration" poursuit le directeur technique de l’AFT qui rappelle que l’objectif essentiel du centre reste avant tout de former de futurs joueurs professionnels. "L’objectif est de les lancer sur le circuit pro à la fin du secondaire. Leur donner une formation pour qu’ils puissent réussir sur le circuit, qu’ils puissent gagner leur vie avec le tennis" explique Jacques Leriche.
Le programme est donc assez lourd pour ces adolescents qui doivent apprendre à se gérer eux même et qui doivent faire face à l’éloignement de leur famille. Ils vivent en effet en internat.
Etre séparé de son enfant n’est pas le seul sacrifice auquel doivent recourir les familles. Celles-ci doivent également supporter une charge financière importante. La formation coûte 6 000 euros pour une année au centre. Une somme qui couvre à peine les frais de logements. La communauté française doit payer un total de 50 000€ par an et par joueur.
Véritable usine à champion ?
Si le centre tennistique de Mons a sorti des champions d’exception comme Justine Henin et Olivier Rochus, cela fait 7 ans qu’aucun joueur issu du centre n’a vraiment percé et passé la barre du Top 100. Steve Darcis est le dernier joueur du centre à pouvoir prétendre à ce privilège. Une partie des joueurs qui sont entrés au centre ont tenté leur chance sur le circuit et faute de résultats, ils ont repris leurs études.
Un tel constat soulève quelques questions. Cette formation coûteuse sert-elle à quelque chose ? Ces joueurs ne gâchent-ils pas une partie de leur jeunesse ? De plus, en sachant qu’arriver au très haut niveau est difficile et que la concurrence est de plus en plus rude, la formation proposée actuellement est-elle suffisante ?
Au tennis, comme dans tous les sports, un match n’est jamais fini avant d’avoir serré la main de l’adversaire. Rien n’est donc joué.
Perrine Dagonnier
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26.08.2007
Entre cours et courts
Une Belge numéro un mondial, des garçons vainqueurs du double à Roland Garros, des jeunes aux résultats prometteurs... Y a-t-il une recette belge? On ne le répète jamais assez: le tennis belge est en train de vivre des moments exceptionnels. Les Henin, Rochus, Clijsters, Malisse et Vliegen ont provoqué un engouement phénoménal pour la petite balle jaune. Les clubs et les tournois de tennis sont légion dans le pays.
La Fédération, scindée en une aile francophone et une autre néerlandophone, a pour mission de promouvoir et d’organiser la pratique du tennis mais aussi de développer le haut niveau.
Le moins que l'on puisse dire est que le système belge a fait ses preuves pour amener des joueuses et joueurs au sommet. Mais comment fonctionne-t-il en réalité ? Comment Justine Henin est-elle devenue la championne que l’on connaît aujourd’hui ? Qui sont nos champions de demain et comment sont-ils formés ? La structure fédérale est-elle la seule façon d’arriver au top ? Est-ce que la carrière de joueur de tennis professionnel est le seul chemin qu'emprunte un joueur doué ?
Pendant toute la durée de l'US Open, nous allons vous faire découvrir, jour après jour, les coulisses des écoles du tennis made in Belgium.
Perrine Dagonnier
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