04.09.2007
Témoignage: "Pas assez fort!"
Bertrand Devillers aurait peut-être pu être de la génération dorée des Rochus et autres Henin …mais il a choisi une autre voie.
Bertrand Devillers a maintenant 27 ans. Il est ingénieur et fait actuellement un doctorat à l’Université Catholique de Louvain. Il profite de son temps libre pour jouer au tennis. « Je fais d'ailleurs une très bonne saison cette année, et je vais peut être atteindre mon meilleur classement » sourit Bertrand. « C'est très différent de l’époque où j'étais adolescent. Je joue pour le plaisir et donc je n'ai plus la même pression » continue-t-il.
Quand il était plus jeune, Bertrand était l’un des meilleurs joueurs de sa catégorie. « J’ai été champion de Belgique en moins de 16 ans » raconte-t-il. Il semblait être promis un avenir prometteur en tant que joueur de tennis même s’il n’est jamais entré au centre ligue. « De toute façon, je n’aurai pas accepté. J’y ai été deux-trois fois comme sparring-partner d’Olivier Rochus. Mais je ressentais une trop grosse pression, je n’aurai pas aimé ça, ni être ‘tennis’ 24 heures sur 24 » précise-t-il
Pendant ses humanités, Bertrand n’a pas de privilège. Il suit un horaire complet tout en s’entraînant plusieurs heures par semaine. Une fois son diplôme de secondaire en poche, surgit le dilemme : le tennis pro ou l’unif’ ?
Il choisira une option intermédiaire. « Je suis le plus petit d'une famille où tout le monde a fait des études universitaires. Je n'ai jamais vraiment imaginé ne pas poursuivre des études » explique Bertrand. Mais pas question d’abandonner pour autant le tennis. Aux Etats-Unis, le sport de haut niveau a une grande place dans la vie universitaire Il rejoint l’université d’Oregon où il étudie mais joue aussi beaucoup.
A la fin de l’année universitaire, il estime qu’il n’est pas assez fort pour tenter sa chance sur le circuit professionnel. Pas très satisfait non plus du niveau des études qu’il a entamée, il revient en Belgique et entreprend des études d’ingénieur.
Quelques années plus tard, bien avancé sur le plan professionnel, il continue à taper la balle. On ne se débarrasse pas si facilement d’une passion mais il la vit davantage pour son unique plaisir. « Je n’ai aucun regret. Je referais sans hésiter le même choix. Le fait d'avoir poursuivi mes études universitaires m'a apporté beaucoup au point de vue humain, personnalité…De plus, je pense avoir toujours eu des capacités dans les études, donc cela aurait été con de gâcher cela » conclut Bertrand. Comme quoi, il y a plusieurs manières de vivre son amour pour la petite balle jaune.
Perrine Dagonnier
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