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03.09.2007

Témoignage: "La fédération n’est pas le seul chemin vers la gloire"

Benjamin Devos est des meilleurs joueurs de sa catégorie. Il n’est cependant pas repris par l’AFT. C’est avec un entraîneur privé qu’il compte accéder au circuit professionnel. Portrait.

Benjamin, B-15/2 (147ième belge), 16 ans, vient d’être sacré champion francophone de sa catégorie. Alors que les Henin, Nadal, Federer, Sharapova essayeront de conquérir le trophée de l’US Open, il tentera de devenir champion national.

Malgré des résultats prometteurs, Benjamin n’est pas au centre tennis-études de l’AFT et il ne reçoit aucune aide de la part de la fédération. C’est sa famille qui finance sa carrière : entraînements, tournois à l’étranger, matériel,… « Cela coûte très cher. Rien que pour un tournoi à l’étranger, nous déboursons près de 2 000 euros. Heureusement, en privé, nous avons un sponsor» nous explique Jocelyne Devos, la maman de Benjamin.

Le ministre des sports de la Communauté française, Claude Eerdekens lui a attribué le statut d’espoir sportif. Comme les joueurs du centre AFT, il a une grille horaire plus légère et peut s’absenter une quinzaine de jour pour partir en tournoi à l’étranger.

Mais à côté, l’école reste très importante pour ses parents. « Il est premier de sa classe, donc pour l’instant tout va bien. Mais il sait très bien que si ses notes baissent, les heures d’entraînement aussi » confirme sa maman. Benjamin est aussi conscient de la nécessité d’avoir un diplôme. Il envisage déjà les études qu’il pourrait entreprendre si sur le circuit professionnel, cela ne marchait pas. « Après mon diplôme, je tenterais ma chance sur le circuit pendant un ou deux ans. Si jamais cela ne fonctionne pas je m’orienterai vers des études d’ingénieur ou de kiné » assure-t-il.

Pour atteindre son objectif, Benjamin et ses parents se sont offert l’aide d’un entraîneur privé. Il s’entraîne presque au même rythme que les joueurs du tennis-études. « Je joue 2h et j’ai aussi des entraînements physique avec Vincent, mon frère » raconte Benjamin.

Pour son entraîneur, être à la fédération n’est une condition indispensable pour réussir dans le tennis. « Il n’y a pas une bonne et une mauvaise filière. La fédération prend les meilleurs sur base des résultats. Mais cela ne veut pas forcément dire que sur le terrain, celui qui est sélectionné produit un meilleur tennis. Un joueur peut beaucoup gagner en jouant 3 mètres derrière sa ligne sans rien faire de la balle. Tandis qu’un joueur plus offensif mettra plus de temps à percer » explique David Leveaux, l’entraîneur de Benjamin.

Les champions actuels ont tous suivi des chemins différents passant même parfois de l’un à l’autre. Prenons comme exemple Olivier Rochus, un pur produit AFT qui est maintenant encadré par le BATD. Preuve qu’il n’y a pas un unique chemin à suivre pour atteindre le sommet du tennis mondial.

 

Perrine Dagonnier 

Commentaires

j'ai été à la Fédé de 6 à 11 ans. Pour être ensuite "jeté" malgré mes bons résultats. J'ai continué à m'entraîner en allant de club en club pour essayer de trouver le meilleur système...mais dur dur, car une fois "jeté" de la Fédé. toutes les portes se referment! Malgré le peu d'entraînements j'ai continué à progresser. Je viens d'avoir 14 ans et serai classé B-15 ou B-4 en janvier prochain. A partir du 10/09/2007 je tente une nouvelle "aventure" , Yannis Demeroutis accepte de m'entraîner 3 heures par jour avec 2 autres joueurs, je vais enfin bénéficier d'entraînements dignes de ce nom! Malheureusement afin de limiter les frais, les cours auront lieu en journée et je devrai continuer mes études au Jury central. Mes parents ont des revenus moyens, toute la famille se sacrifie au maximum. Sans aucune aide financière dur dur le sport de haut niveau en Belgique! (non seulement je ne peux pas bénéficier des cours de la Fédé. mais en plus une partie des contributions que mes parents doivent payer sert à subsidier les cours de mes adversiares...!)

Ecrit par : VRAY TERRY | 07.09.2007

Pareil pour ma fille. Elle aurait aimé se donner à fond dans le tennis, mais la famille ne soutient pas son souhait.
Impossible à moi seule de lui payer plus que ce que je vais faire: 2 heures de privé par semaine et 3h de groupe + condition physique. Avec le constat que cela ne suffira pas et qu'à 13 ans, elle doit choisir un avenir "classique" parce que le sport n'est pas chez nous considéré comme une carrière... Pourtant, on manque de moniteurs diplômés tous azimuts...

Ecrit par : dominique | 01.09.2009

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