28.08.2007
L'école des champions
Justine Henin, Olivier et Christophe Rochus, Steve Darcis ont en commun de d’être tous passé par le centre tennis-études de l’AFT (Association Francophone de Tennis). Découverte de cette école pas comme les autres. En 1993, à quelques rebonds de Mons, au centre ADEPS de La Sapinette, le centre ligue de l’AFT ouvrait ses portes dans l’objectif de former des joueurs de tennis professionnel. Depuis, les meilleurs espoirs du tennis francophone ont fréquenté cette école un peu spéciale qui leur permet d’allier tennis et études dans des conditions optimales. Justine Henin, les frères Rochus et Steve Darcis en ont été les plus brillants élèves.
Aujourd’hui Laura, Arthur, Estelle…ont succédé à leurs aînés. Ainsi que David Goffin qui à 16 ans est classé B-15.4 (n° 44 belge). Au niveau mondial, il pointe à la 105ième du classement des moins de 18 ans. Il est un des plus jeunes à ce niveau. "Je suis entré au centre à 12 ans. Pour l’instant tout se passe bien. Mon quotidien se partage entre tennis et scolarité. Je vais généralement à l’école jusque 12h40. L’après-midi est consacré au tennis et à la condition physique. Après le repas, vers 20h, c’est l’heure des devoirs" raconte-t-il.
Car oui, les apprentis champions belges doivent encore aller à l’école. Une particularité par rapport à leurs concurrents sur le circuit. Dans beaucoup de pays, notamment aux Etats-Unis et en Russie mais aussi en France, les joueurs arrêtent l’école pour suivre des cours par correspondance. Dès lors, ils ont d’avantage l’occasion de jouer au tennis et de partir en tournoi.
"Parfois des enfants deviennent professionnels déjà l’âge de 10 ans. Ils se retrouvent en tournois à l’étranger 20 à 25 semaine par an et s’entraîne 4 à 5 heures par jour. Ce n’est pas comme ça chez nous. Avec l’école, ils ne peuvent pas jouer toute la journée, ils n’ont pas beaucoup de jours de congés et certains tournois important tombent pendant les examens" commente Jacques Leriche, directeur technique AFT. Une politique qui n’est pas prêt de changer. "Pour nous, le diplôme est important. On ne veut pas qu’un joueur se retrouve 400-450ieme mondial, place où il n’est pas possible de gagner sa vie, sans diplôme. Même dans le Team Pro, qui regroupe des joueurs professionnels, on les encourage à continuer une activité intellectuelle" assure Jacques Leriche.
Mais ce n’est pas tout, les élèves ont aussi une obligation de réussite. Un échec à l’école est synonyme de renvoi du centre. Une sanction qui force les jeunes talents à prendre leur scolarité au sérieux.
Des cours aux courts
Grâce à leur statut d’élite, ils sont dispensés de certains cours ce qui leur permet de s’entraîner. "Je n’ai pas cours de gym ou de latin mais j’ai tous les autres comme math, français, géographie, histoire…" précise David. Ils ont, aussi, droit à 30 demi-jours de congés supplémentaires ce qui leur permet de partir en tournoi à l’étranger.
Après les cours, les écoliers délaissent donc leurs cartables pour leur raquette. Ils jouent entre 10 et 18 heures semaines sans compter les quelques heures d’entraînement physique. "Le volume d’entraînent dépend des tournois, des objectifs, de la forme du moment. Pendant les examens, on diminue aussi les heures de jeu" explique M. Leriche.
Leur évolution tennistique est constamment évaluée et le bilan est tiré en fin de saison. "Chaque année, il y a une nouvelle sélection. Si un joueur ne suit pas la courbe d’évolution qu’on a tracée pour lui, qu’il n’y a plus de résultats, on peut décider de mettre un terme à la collaboration" poursuit le directeur technique de l’AFT qui rappelle que l’objectif essentiel du centre reste avant tout de former de futurs joueurs professionnels. "L’objectif est de les lancer sur le circuit pro à la fin du secondaire. Leur donner une formation pour qu’ils puissent réussir sur le circuit, qu’ils puissent gagner leur vie avec le tennis" explique Jacques Leriche.
Le programme est donc assez lourd pour ces adolescents qui doivent apprendre à se gérer eux même et qui doivent faire face à l’éloignement de leur famille. Ils vivent en effet en internat.
Etre séparé de son enfant n’est pas le seul sacrifice auquel doivent recourir les familles. Celles-ci doivent également supporter une charge financière importante. La formation coûte 6 000 euros pour une année au centre. Une somme qui couvre à peine les frais de logements. La communauté française doit payer un total de 50 000€ par an et par joueur.
Véritable usine à champion ?
Si le centre tennistique de Mons a sorti des champions d’exception comme Justine Henin et Olivier Rochus, cela fait 7 ans qu’aucun joueur issu du centre n’a vraiment percé et passé la barre du Top 100. Steve Darcis est le dernier joueur du centre à pouvoir prétendre à ce privilège. Une partie des joueurs qui sont entrés au centre ont tenté leur chance sur le circuit et faute de résultats, ils ont repris leurs études.
Un tel constat soulève quelques questions. Cette formation coûteuse sert-elle à quelque chose ? Ces joueurs ne gâchent-ils pas une partie de leur jeunesse ? De plus, en sachant qu’arriver au très haut niveau est difficile et que la concurrence est de plus en plus rude, la formation proposée actuellement est-elle suffisante ?
Au tennis, comme dans tous les sports, un match n’est jamais fini avant d’avoir serré la main de l’adversaire. Rien n’est donc joué.
Perrine Dagonnier
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Commentaires
Bonjour,
Je travaille pour une société pétrolière à Pointe-Noire (Congo Brazzaville) et mon fils Mendes Alexis, qui a eu
13 ans le 4 juin 2009, joue au tennis depuis l'âge de 7 ans. Depuis ses 11 ans, il joue avec les minimes et est champion du Congo dans cette catégorie depuis 2 ans. Il jouait généralement de 5 à 6 heures par semaine (hors périodes d'examens scolaires), mais suite à des douleurs au niveau du triceps droit, nous lui avons imposer un break de 45 jours pour qu'il soit suivi par un masseur sportif. Il reprendra bientôt l'entraînement.
Beaucoup de gens nous conseillent de l'orienter sur le sport-études. Ayant vécu moi-même 27 ans en belgique (où j'ai encore de la famille), je voudrais savoir si je peux venir avec Alexis durant les vacances d'été pour qu'il puisse être évalué après un entraînement adéquat et si c'est possible, l'inscrire au centre tennis études del'AFT.
J'aimerais également connaître les conditions financières (scolarité et sport).
Merci et salutations,
Gabriel Mendes
Ecrit par : Gabriel MENDES | 15.02.2010
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